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20 journée du livre

Hier, nous fêtions la journée mondiale du livre et des droits d’auteurs. J’ai bien l’impression que dans ce pays, cette information soit passée plutôt inaperçue. Vous saviez qu’au Canada, 20 auteurs ont collaboré ensemble pour écrire un recueil? Ce dernier a été distribué gratuitement aux personnes empruntant un livre en bibliothèque et à ceux se rendant en librairie ce jour-là. Recevoir un livre gratuitement rien qu’en se rendant dans sa bibliothèque ou sa librairie préférée, c’est un geste fabuleux envers la culture. C’est un moyen de rendre la culture accessible à tous, de montrer à tout le monde que lire ne coûte pas si cher, et c’est un investissement incroyable de la part de ces auteurs qui ne reçoivent rien pour leur travail. Voici la liste des auteurs de ce recueil : Samuel Archibald, Jimmy Beaulieu, Sophie Bienvenu, Fanny Britt, Katia Canciani, Normand de Bellefeuille, Angèle Delaunois, Marie Desjardins,François Gravel, Iris, Dany Laferrière, Mireille Levert, Daniel Marchildon,Catherine Mavrikakis, Andrée A. Michaud, Maxime-Olivier Moutier, Mikella Nicol, Bryan Perro, Steph Rivard, Louise Tremblay d’Essiambre, Thomas Wharton. Si vous en connaissez un, n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires. Personnellement, je ne connais aucun de ces auteurs, mais je compte bien combler cette lacune. Donc, ça c’est l’action qui a été faite au Canada, la distribution de ce recueil nommé J’ai des ptites nouvelles pour vous. En plus, la couverture est super belle.

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Plus près de chez nous, en Belgique, plusieurs activités dans les communes ont été organisées, dans le cadre du projet « Je lis dans ma commune ». Ce projet est organisé depuis 14e ans pour fêter l’amour de la littérature. Dans ces activités, il y avait notamment des rallyes littéraires dans les communes, des rencontres avec des auteurs, des heures du conte, des concours de nouvelles, des ateliers d’écriture, des quiz littéraires, des parrainages de nouveaux inscrits à la bibliothèque, des goûters littéraires, des énigmes littéraires, des promenades contées, des créations de livres fous, des scénarii à compléter, des festivals de BD ou de littérature, etc… Voici l’affiche faite pour cette année :

4e681ae9d4a5e5698f08e852a0255702-1429770076Et en France?J’ai beau avoir cherché, je n’ai pas trouvé grand chose en lien avec cette journée mondiale. Même sur Paris apparemment. A part des conférences, je n’ai pas trouvé d’activités qui avaient été prévues pour cette journée. Même aux informations, il n’y a rien eu. En même temps, entre un attentat déjoué et un enlèvement d’enfant, il faut croire que les journalistes n’avaient pas le temps d’en parler. Ce n’est pas du cynisme, je sais que ce type d’information est très importante, mais je trouve dommage que personne ne prenne le temps de parler aussi d’autre chose. A croire qu’à présent, seul ce qui fait peur est essentiel.

Pourquoi donc évoquer cette journée, puisqu’il semble que j’en sois assez dépitée? C’est parce que je comptais, à la base, parler du droit d’auteur. Pourquoi donc ne pas profiter de cette journée pour vous parler un peu de la condition des auteurs. Hier, j’ai en effet compris que je ne serai jamais écrivain. Je ne dis pas que je n’écrirais pas, mais je sais désormais que je ne pourrais pas en vivre. Je ne pourrais pas dire que je vis de ma passion, que celle-ci suffira pour payer les factures. Ce que je veux dire, c’est que les écrivains qui vivent de leurs plumes, il n’y en a qu’une poignée, ceux qui vendent des millions de livres et qui parviennent à en écrire un tous les ans, voire deux par ans, comme le font les types comme Musso ou Levy. Mais pour tous les autres, il n’y a qu’un statut de précarité. Etre écrivain est un rêve qui ne permet pas de vivre. Il suffit de voire tous les témoignages qui pullulent sur la toile, et de se souvenir de la marche des auteurs lors du salon du livre.

La vérité est que les auteurs ne peuvent même pas se nourrir avec leurs gains. Et non seulement ils ne peuvent pas en vivre, mais en plus ils ne sont pas reconnu comme étant des travailleurs ! Le fait d’être écrivain n’est pas un métier. Lorsque j’étais enfant, et que je disais que je voulais devenir écrivain, il suffisait de voire les regards qu’on me lançait pour que je comprenne que c’était une voie unique, pour laquelle il fallait se battre. Je me souviens qu’on me répondais : tu ne préfères pas être institutrice? Comme si écrire des histoires était comparable à s’occuper d’enfant… Et non seulement le métier d’écrivain n’existe pas dans notre société, mais du coup, la retraite n’existe pas non plus, ou du moins, elle est tellement insignifiante que s’en ait risible. Ce que tout ceci veut donc dire, c’est que l’écriture en tant qu’emploi n’est pas reconnu. Les auteurs écrivent à perte, ils perdent du temps à le faire mais en plus ils ne sont pas aussi rémunérés pour parvenir à ne faire que ça. Beaucoup d’auteurs ont donc besoin d’un travail supplémentaire. Et ceci est valable pour toutes les branches artistes : ils y en a qui parviennent à tirer leurs épingles du jeu, mais ils sont très peu nombreux et se partagent la quasi totalité du gâteau.

Au début, je pensais que c’était dû à nos institutions, à notre volonté de promouvoir l’argent au delà de tous autres choses, que c’était quelque chose de purement français. Il suffit de regarder vers les pays Anglo-saxons pour s’apercevoir que les artistes sont mieux traiter qu’en France. Et pourtant, ce n’est pas toujours vrai. Certes, ils sont mieux reconnus par la société, et le métier d’auteur paraît être acquis, à cause de l’idée du « rêve américain » sans doute, mais tous ce qu’ils ont gagnés par rapport à notre vieux pays est menacé par des entreprises qui se font de l’argent sur l’art, comme Amazone. Etre écrivain n’est donc pas mieux de l’autre côté de l’Atlantique.

Pour moi, cette journée mondiale du livre devrait permettre de mettre à plat tous ces problèmes concernant les auteurs, et aussi des éditeurs. Car ces derniers, pour les petits, ne sont pas épargnés. Et pour régler ces problèmes, il faudrait que leurs situations soient médiatisées. La journée mondiale devrait servir à cela, à permettre à tous ces gens de témoigner de leurs difficultés, de faire comprendre aux lecteurs la difficulté que c’est d’être un auteur aujourd’hui, voir même de travailler dans le domaine de la culture. Et je sais de quoi je parle, puisque tous les domaines de la culture, que ce soient les musées ou les bibliothèques, sont menacées partout dans le monde par soucis d’économie. C’est toute la chaîne du livre qui est menacée. Nous devons tous en prendre conscience, parce que sinon, notre passivité, et non les tablettes, auront raison des livres et de tous ceux qui en dépendent.

Merci au blog d’atouchofbluemarine pour ses informations sur ce qu’il se passe au Canada et en Belgique. Retrouvez son blog à l’adresse suivante : https://atouchofbluemarine.wordpress.com

old papers, french post cards and open diary book

Et vous, vous attendiez quoi de cette journée mondiale du livre? Vous comprenez sa nécessité? Votre commune a-t-elle organisée quelque chose pour marquer le coup? Vous étiez au courant de cette journée? Qu’auriez-vous aimé faire pour promouvoir le livre?

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2 réflexions au sujet de « 20 journée du livre »

  1. je suis tout a fait d’accord avec ton analyse sur la difficulté pour un auteur de vivre de sa plume .
    toutefois, continue d’écrire . j’attends toujours avec impatience et curiosité tes parutions sur ton blog .

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    1. je vais continuer à écrire, parce que je ne peux pas m’en passer, c’est juste que je suis assez désabusée de la marche du monde et de la manière dont l’écriture, et la culture en générale, est considérée. Merci pour tes encouragements, et pour ton commentaire.

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