mes écrits

Charlie

Charlie, dessin aux pastels
Charlie, dessin aux pastels

Salut à tous. Je ne suis actuellement pas très présente sur le blog à cause de concours et de salon du livre (dont vous aurez droit à un article détaillé dans les prochains jours), mais cela ne signifie pas que je ne travaille pas à de nouveaux projets. Si vous me suivez sur ma page FB, vous avez peut-être vu que j’ai partagé le début d’une nouvelle histoire, Charlie. Je me sers de cette histoire pour tester Wattpad, le site internet permettant le partage d’histoire. Voici le début de cette histoire, vous trouverez la site sur le site à l’adresse  http://www.wattpad.com/110387266-charlie-chapitre-1-1:

La porte était rouge. Le chiffre 27 se dessinait dessus. Cela fit penser à Charlie à une porte de prison. Désormais, pour l’administration, elle était le numéro 27, la première année qui occupait la chambre 27. Elle frissonna. Elle avait horreur des numéros, et elle ne tenait pas à en devenir un.

Dans son dos, elle entendit son père soupirer. Il attendait qu’elle déverrouille la porte. C’était elle qui tenait fermement serré entre ses longs doigts d’adolescente la clé qui allait ouvrir la porte de l’âge adulte. Ce petit morceau allait déterminer son avenir.

Charlie posa le regard sur le morceau de métal. Il avait laissé une marque sur sa peau, s’imprimait dans sa chair. Charlie était douée pour voir les signes. Elle avait l’impression qu’elle était maintenant marquée, qu’elle ne pouvait plus faire marche arrière. Alors que son père était en train de déposer le lourd carton qu’il avait entre les mains dans le but de lui prendre la clé des mains, Charlie pensa à ce qui arriverait si finalement, elle partait en courant dans ce couloir sombre et humide. Après tout, rien ne la forçait à entrer dans cette chambre, à faire ce que faisaient tous les nouveaux diplômés. Elle n’était pas obliger de devenir une adulte, une étudiante. Rien que le mot la faisait frémir.

Pourtant, la jeune fille fit retenue par le regard que lui avait jeté sa mère le matin même, alors qu’elle mettait ses affaires, celles qui avaient toujours été dans sa chambre d’enfant, dans le coffre de la voiture parentale. Sa mère croyait en elle. Elle avait paru soulagée que ce jour arrive enfin, et elle avait été fière de voir sa petite fille monter dans le véhicule. C’était de cette lueur de fierté que se souvenait Charlie, de ce sentiment d’avoir une enfant normale qui avait envahi sa génitrice. Charlie ne voulait pas la décevoir, pas encore une fois. Il fallait qu’elle entre dans cette pièce qui allait devenir son univers, il fallait qu’elle dépasse sa peur et l’énorme boule qui l’empêchait actuellement de respirer. Elle respira un bon coup, plus pour récupérer un peu de courage que de l’oxygène, et posa sa main blanche de ne pas avoir profité du soleil d’été sur le bois sale de la porte. Elle tenait toujours la clé, et elle la fit pénétrer dans la serrure.

Au moment où Charlie comptait la faire pivoter et mettre enfin un terme à son calvaire, un bruit de course et de bousculade se fit entendre dans le couloir lugubre. Un garçon et une fille venaient dans leur direction en courant. La fille les dépassa sans leur jeter un seul regard, malgré l’étroitesse du couloir, quant au garçon, il freina devant la porte de Charlie. Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle. Avec le peu d’espace qu’il y avait, pour Charlie, c’était comme s’il était collé à elle. Elle sentit une sueur froide se mettre à couler dans son dos. Le garçon devait avoir son âge, ou pas beaucoup plus. En tout cas, son visage était encore marqué par l’adolescence, avec des traits enfantins, sans pilosité, et quelques tâches autour du nez et sur ses joues. Il avait les yeux bruns, assez sombres. Charlie pensa tout de suite à un chien. Il la regardait d’un air méfiant, comme s’il s’attendait à ce qu’elle lui saute dessus. Ce qui était comique, c’était que Charlie avait la même crainte. Elle n’aimait pas les autres. Cela la dérangeait d’être ainsi dévisagée, de ne pas pouvoir détaler en courant. Elle était coincée par cette porte fermée à clé.

Puis, le garçon se décala un peu sur la gauche pour rejoindre son amie qui l’attendait devant la porte à côté de celle de Charlie. Ils étaient voisins. Sans un autre regard pour eux, ils s’engouffrèrent dans la pièce. Avant que Charlie ait eu le temps de se remettre de ses émotions, une musique punk se fit entendre dans le couloir. Elle provenait de la chambre nouvellement occupée.

Cette fois, Charlie dut réellement se retenir de s’enfuir. Elle regarda en direction du hall, s’imaginant courir dans le couloir, traverser l’amas d’étudiant qui attendait pour récupérer leurs clés, et aller s’enfermer dans la voiture de son père. Elle savait ce que cela faisait de faire ce choix, d’abandonner, de tourner le dos à ce qui était prévu. Elle était habituée. C’était comme si c’était convenue qu’elle fasse demi-tour.

Puis, elle repensa encore une fois au regard de sa mère. Elle avait connu bien trop d’échec dans sa courte vie pour en rajouter un nouveau. Comment pourrait-elle avouer à sa mère qu’elle n’avait pas pu entrer dans sa chambre de cité universitaire ? Qu’elle ne pourrait pas faire sa rentrée à la fac ? Charlie ne voulait pas voir à nouveau la déception dans les yeux maternels. Alors, elle fit tourner la clé.

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