chroniques littéraires

Une si longue nuit

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Je profite des fêtes pour poster mon premier article dans le cadre du Challenge Cold Winter évoqué dans cet article du blog : https://lasorcieredesmots.wordpress.com/2014/11/10/challenge-cold-winter-2e-edition/.

Cette première chronique va donc concerner Une si longue nuit de Mary Higgins Clark. ce livre a été publié par Albin Michel et est sorti 1998. Evidemment, étant un roman de Mary Higgins Clark, ce roman est classé parmi les polars. Alors, de quoi parle-t-il?

New York s’apprête à fêter Noël. Dans le silence de la ville, un cri d’enfant retentit. Sera-t-il entendu? Et le petit malfrat qui rôde alentour réalisera-t-il ce qu’il s’est juré de faire? Décidément, ce n’est pas une nuit comme les autres qui se prépare…

Des années plus tard, Willy et Alvirah Meehan, détectives de choc, découvrent par hasard les traces de cette affaire rocambolesque. Une enquête à haut risque, riche en rebondissements, les attend… Et vous aussi !

 Avant de choisir un livre, je me fie normalement à son résumé. Comme toutes bonnes lectrices, c’est sur ce dernier que je me base pour savoir si ce livre est fait pour moi ou non. Je me trompe que rarement, et je suis souvent bluffée par tout ce dont le roman regorge et que je n’avais pas deviné à la lecture de ce fameux résumé. Dans ce cas précis, j’ai bien dû lire ce résumé quand j’ai sorti le livre de son rayonnage à la bibliothèque, et pourtant, quand j’ai parcourus les premières pages, je me suis demandée ce qui avait bien pu m’attirer dans cette histoire.

Je suis une grande fan de Mary Higgins Clark, et je n’ai encore jamais été déçue par l’un de ses ouvrages. Elle est, à mon sens, l’une des plus grandes romancières de notre temps en ce qui concerne tout ce qui est polar et autres meurtres. Néanmoins, j’avais toujours trouvé qu’il y avait une certaine tension dans ses romans, une idée d’urgence, basé sur un amour un peu à l’eau de rose, avec du sang et un peu de frayeur. C’était les images que j’avais gardé de ses récits. sans doute parce que les oeuvres que j’ai lu d’elle sont des oeuvres plus contemporaines, c’est-à-dire qui sont sortis il y a moins de dix ans.

En ce qui concerne Une si longue nuit, j’ai été donc un peu perplexe par l’histoire. Ce sentiment doit être dû au fait que j’avais totalement oublié le résumé lorsque j’ai commencé à le lire. En effet, je me souvenais seulement qu’il y avait une histoire d’enlèvement au moment de Noël. J’ai peut être même dû mélangé ce roman avec un autre résumé d’un autre livre que j’avais rangé à la bibliothèque, parce que je pensais, en lisant les premières lignes, que tout allait se passer en une seule nuit, que l’enfant allait être retrouvée au cours de cette longue nuit de Noël. Evidemment, en retournant le livre pour y parcourir à nouveau le résumé, j’ai compris ma méprise.

Donc, cette histoire se passe vingt-deux jours avant Noël. Nous découvrons le personnage de Lenny, qui est dans une église. Quelque pas plus loin, le personnage de Sondra s’apprête à faire un geste qui va donner tout son sens à cette histoire : elle va abandonner son enfant sur les marches de cette fameuse église. L’enfant dont parle le résumé est donc cette petite fille nouveau-né qui va se retrouver abandonnée sur le parvis, dans la neige. Sondra explique son geste alors qu’elle s’avance vers ce monument : elle vient tout juste d’accoucher, faisant le trajet jusqu’à New York pour donner la vie et déposer son enfant à cette église-là, parce qu’elle ne peut pas lui offrir une vie décente. Sondra est une musicienne qui vit avec son grand-père, sa carrière n’est pas lancée, elle a à peine dix-huit ans et a eu une relation avec un homme qui n’est pas disponible pour elle. Elle ne se sent pas apte à être mère, et veut que son enfant ait une belle vie, celle qu’elle ne peut pas lui offrir. Elle va donc la déposer là où elle pense que sa fille aura le plus de chance d’avoir un foyer qui pourra lui offrir ce qu’elle ne peut lui offrir.

Epuisée par la tension et la fatigue de son tout récent accouchement, les seins gonflés par la montée de lait, elle s’appuya contre le chambranle de la porte. Un faible gémissement monta de l’intérieur de son manteau à demi boutonné, et ses bras esquissèrent instinctivement le geste que font toutes les mères pour bercer son enfant.

Sur une simple feuille de papier qu’elle laisserait sur le bébé, elle avait inscrit tout ce qu’elle pouvait révéler sans risque : « Veuillez donner à ma petite fille une famille aimante et dévouée. Son père est d’origine italienne; mes grands-parents sont nés en Irlande. Aucune des deux familles n’ayant de maladies héréditaires à ma connaissance, elle devrait être en bonne santé. Je l’aime, mais je suis dans l’incapacité de subvenir à ses besoins. Si elle cherche un jour à savoir qui je suis, montrez-lui ce billet, s’il-vous-plaît. Dîtes-lui que les moments les plus doux de ma vie resteront à jamais ceux où je l’ai tenue dans mes bras après sa naissance. Pendant ces brèves heures, rien d’autre n’a existé qu’elle et moi, rien au monde ».

Voilà donc les seules choses que laisse Sondra à son bébé, c’est cette missive, plus une poussette, du lait et des couches.

Pendant ce temps, alors même que Sondra abandonne son bébé sur les marches, enveloppée dans un sac en papier et déposée dans sa poussette, Lenny est à l’intérieur de l’église, en train de perpétuer la seule chose qu’il sait faire : voler. Il y a dans cette église un calice avec un diamant que convoite le malfrat, et il est dans cette église pour cela. Il est donc en train de voler le calice. Or, ce qui est précisé dans le roman, c’est que de nombreuses églises, pour faire face au vols dont elles sont victimes, ont installé des alarmes. Ceci signifie que lorsque Lenny saisit le calice, il déclenche l’alarme silencieuse de l’église. Quand il veut sortir de cette dernière, les policiers arrivent. Il ne voit donc plus qu’une solution pour sortir de ce guêpier, c’est de s’emparer de la première chose qu’il voit : la poussette. Il ne s’étonne même pas de sa présence sur le parvis, il se contente de l’embarquer et de se mêler à la foule de gens qui font leurs courses de Noël. C’est ainsi que Stellina va faire son apparition dans la famille du malfrat, composée seulement de celui-ci et de sa vieille tante, appelée nonna par la petite fille.

Voilà ce qu’il en est pour l’histoire principale. Venez-en à présent aux héros de cette aventure, qui sont Willy et Alvirah Meeran. Ces derniers doivent être des personnages récurrents de la part de Mary Higgins Clark, puisqu’ils sont présentés de manière sommaire, comme si on les connaissait déjà. Il s’agit d’un couple de personnes déjà âgées, qui ont gagnés au loto et qui occupent leurs journées en résolvant des enquêtes. Nous avons, lors de leur première évocation, un rappel du titre de l’ouvrage, puisque Willy joue au piano En cette longue nuit. Cette chanson va être d’une importance capitale pour la suite de l’intrigue.

Nous sommes donc en compagnie de Willy et d’Alvirah quand nous apprenons que Bessy, une amie du couple, est décédée. Et cette nouvelle va entraîner une histoire parallèle à celle de Sondra et de Lenny. En effet, Bessie laisse derrière elle un testament, où il est prévue qu’elle laisse sa maison, acquise d’une manière assez étrange : en draguant son propriétaire après la mort de sa femme. Donc, Bessie doit laisser cette fameuse propriété, et il était déjà convenu entre les deux soeurs que la maison ne serait pas habiter par la soeur de Bessie, mais par l’association, l’Arche, de la soeur de Willy, soeur Cordelia. La soeur de Willy est une religieuse qui s’occupe des enfants après l’école, comme une sorte de périscolaire avec des religieuses. Cette association est menacée d’expulsion, c’est pour cela que Bessie avait décidé d’inclure dans son testament le fait que sa maison serait disponible pour eux après sa mort.

Cependant, un second testament apparaît, signé de la main de Bessie, disant qu’elle lègue finalement sa maison à ses locataires, les Baker. Ces derniers sont des personnages qui apparaissent tout de suite antipathiques. Il s’agit d’un couple, l’homme est arrogant et ne sait rien faire de ses dix doigts alors qu’il prétend le contraire, et la femme est superficielle et ne cesse de se promener avec des talons hauts de dix centimètres. Pour Alvirah, ce nouveau testament les concernant ne peut donc être qu’un faux, comment son amie aurait-elle pu céder sa maison à des personnes aussi intéressées ? Surtout que le testament mentionne une expression que Bessie n’utilisait pas : « immaculée« . Bessie ne prononçait jamais ce mot, certainement pas en parlait de sa maison. Or, ce mot concerne la maison. Pour Alvirah, le testament ne peut donc pas être de Bessie.

Avec cette intuition, elle va donc se jeter dans cette enquête, en demandant de l’aide à ses amis dans la police pour avoir des informations sur les Baker, qui sont connus pour être des escrocs, et en se penchant sur les témoins du dernier testament.

Bien que cette histoire soit finalement le point central du roman, parce qu’elle prend bien plus de place que celle de Lenny et de Stellina, je l’ai trouvé assez inintéressante. L’enquête en elle-même est assez fade, il ne se passe pas grand chose. Nous avons Alvirah qui mène son enquête, qui ne trouve pas de preuve, qui doute, et qui pourtant est certaine d’elle, puis qui trouve finalement comment les Baker ont falsifiés le testament de Bessie.

Une fois ceci fait, on revient enfin à l’enquête de ce qui c’est passé dans l’église cette fameuse nuit où le calice à été volé et le bébé abandonné. Entre-temps, Alvirah a rencontré Sondra, de passage à New York et qui a appris que son bébé n’avait jamais été trouvé par les frères de l’églises. Elle a réussi à la faire parler et est au courant de la disparition de la petite fille. Alvirah tente alors de retrouver cette petite fille en laissant un message dans le journal, destiné à tous ceux capables de fournir des informations sur cette enfant abandonnée.

Ce n’est qu’à ce moment-là que nous avons le lien entre les deux histoires, celle de Bessie et celle de Stellina. En effet, nous sommes à la période de Noël, les enfants recueillis par l’Arche, qui devait déménager dans la maison de Bessie, préparent un spectacle de Noël. Willy, le mari d’Alvirah, fait partie de ce spectacle puisqu’il doit jouer le Père Noël, et que le spectacle est monté par sa soeur, soeur Cordélia. Donc, les enfants préparent le spectacle, et Stellina fait partie de ce spectacle. Elle doit jouer Marie dans la reconstitution de la naissance de Jésus. C’est lors de ce fameux spectacle, où Stellina va chanter, qu’Alvirah reconnait dans la petite fille la jeune femme rencontré des jours plus tôt, Sondra. La fillette ressemble beaucoup à sa mère, et à le même don que celle-ci.

Nous avons, à la fin, une scène touchante de la rencontre entre la mère et la fille abandonnée, l’arrestation de Lenny et Willy qui chante Une si longue Nuit. Et je pense que c’est un peu ce qui fait défaut au livre. Non pas cette scène débordante d’amour, mais le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’enquête pour cette réunion de famille. Finalement, Alvirah ne chercher pas vraiment Stellina, elle tombe dessus. Elle avait la réponse juste sous son nez depuis le début.

J’ai eu le sentiment qu’il ne se passait pas grand chose dans ce livre. Certes, il est très bien écrit, il se lit très facilement, on a plutôt envie de savoir rapidement la suite, mais il est fade. Comme je le disais, il n’y a pas d’action, pas d’événement particulier. En fait, à part la mort de Bessie, il n’y a pas de surprise, et tous les personnages évoluent comme si c’était normal, comme si la vie suivait son cours. Tout parait secondaire, même l’affaire avec Stellina. Pour moi, un polar doit nous emmener sur des chemins sinueux, nous perdre en route pour mieux nous retrouver, nous donner l’impression d’être dans un labyrinthe pour qu’à la fin on comprenne que tout n’était qu’une immense toile d’araignée où tout était lié. Dans ce roman, j’ai eu l’impression d’être sur l’autoroute. L’histoire est monotone. C’est dommage.

Pour la première fois depuis que j’écris une chronique sur ce blog, je ne vais pas vous recommander ce roman, sauf si vous voulez lire un polar sans frisson, qui se lit comme s’il était un roman littéraire. Ce livre n’est pas le meilleur de Mary Higgins Clark, et j’espère pouvoir bientôt vous en présenter un meilleur, parce que c’est une auteure que j’adore, bien que j’ai été déçue par celui-ci.

Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes.

La sorcière des mots

Et vous, qu’attendez-vous dans un polar? Privilégiez-vous l’action, les enquêtes, la réflexion? Avez-vous déjà lu un des romans de Mary Higgins Clark? 

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