chroniques littéraires

Boys don’t cry

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Aujourd’hui, je vais vous parler de ma dernière lecture, Boys don’t cry, de Mallorie Blackman, paru aux éditions Milan, en 2010. Pour la première fois, je me suis un peu renseignée sur l’auteur avant de publier cette chronique. Personnellement, je n’en n’avais pas entendu parler avant de lire ce livre, mais il s’agit d’un écrivain britannique pourtant réputé, notamment par sa tétralogie débutée par Entre chiens et loup. A la base, lorsque j’ai cherché un livre dans la bibliothèque de ma commune, c’était ce roman que je cherchais. Seulement, allez savoir pourquoi, il n’avait pas ce titre, pourtant assez connu dans les cercles littéraires jeunesses. Par défaut, je me suis donc rabattue sur ce titre de Mallorie Blackman, et je dois dire que je ne le regrette pas, et que je compte bien trouver d’autres de ses publications.

Comme je l’ai dit plus haut, Mallorie Blackman est une auteure britannique qui a déjà à son actif plus d’une cinquantaine de parution en jeunesse. Elle a aussi remporté quinze prix littéraires de part le monde. Elle est l’exemple parfait de ses écrivains prolifiques qui font rêver par le nombre de roman publiés et de prix remportés. Je trouve que ça impose un certain respect, parce qu’il faut vraiment avoir du temps pour écrire autant, des idées à la pelle, et surtout de parvenir à plaire autant de fois, même si ce ne sont pas des best sellers comme Harry Potter, c’est beaucoup plus intéressant pour un auteur qui est de cette manière reconnu pour son style et la qualité de son récit. J’espère un jour pouvoir arriver à ce stade, a être appréciée pour mon style et la manière dont je raconte mes histoires.

Alors, pour en revenir au livre, de quoi parle-t-il? De garçons et de larmes, pour faire référence au titre ? Pas seulement :

J’ai fixé Mélanie. 

Elle n’avait que 19 ans. Comment avait-elle pu être assez stupide pour tomber enceinte? Elle n’avait jamais entendu parler de la pilule?

– Dante, tu m’écoutes?

– Hein?

J’essayais encore d’intégrer que Mélanie était mère quand elle a prit une grande inspiration, puis une autre.

– Dante, c’est toi le père. Emma est ta fille.

 Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie. De celle qu’il a toujours rêvé.

Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas le facteur, c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien.

Le leur.

Vous avez donc compris quel va être le thème principal de ce roman, il s’agit de la parentalité adolescente. Dante, le personnage principal, n’a que 17 ans. Comment parvenir à construire sa vie avec un enfant en bas-âge alors que nous sommes nous-même un enfant? C’est la question que va se poser ce livre.

L’histoire se passe au Royaume-Uni, mais elle pourrait se passer n’importe où. Il n’y a quasiment aucune indication de lieu, ce qui donne une valeur universelle à ce récit. Il ressemble à un huit-clos, les personnages ne sortant que rarement que de la maison de Dante. Ceci pourrait presque faire croire à une pièce de théâtre.

Dante est le meilleur élève de sa promo. Comme tous ses camarades, il a passé des examens qui vont déterminer quelle université il va pouvoir intégrer à la rentrée, en automne. Il espère entrer dans une université très côtée, avec sa petite amie actuelle, Colette. Le rêve de Dante est de devenir journaliste internationale pour révéler au monde les mensonges et les absurdités de celui-ci. Il a donc un grand projet, un grand rêve, et il est prêt à renoncer à sa famille, à tout ce qui pourrait l’empêcher d’y accéder. Dante représente à cet instant l’archétype de l’égoïste avide de réussite, très ambitieux. Il veut quitter son enfance pour ne pas revenir sur ses pas, abandonner ce qu’il juge être une vie misérable, marquée par l’absence de sa mère et le fait que son père se tue au travail pour l’élever, lui et son frère.

L’histoire commence donc avec l’attente du courrier, au mois de juin ou juillet. Dante est seul chez lui à ce moment-là. Son père travaille, sa mère est décédée, et son frère est encore au lycée, étant plus jeune que lui, il a encore des cours. Soudain, un coup de sonnette résonne, et Mélanie fait son apparition. Devant elle se trouve une poussette, avec un bébé à l’intérieur. Ce n’est pas un nourrisson, mais un bébé d’un an déjà.

Dante, un peu gauche, ne percute pas du tout lorsque Mélanie entre avec le bébé. Il est persuadé que c’est un enfant qu’elle garde, sa soeur, ou autre lien avec cet enfant qui serait subsidiaire. Même lorsque Mélanie finit, avec grande peine, à lui annoncer que le bébé s’appelle Emma et que c’est sa fille, Dante ne pense pas une seule seconde qu’il pourrait être le père. Il n’a même pas cette pensée qui le traverse à un moment. Tout ce qu’il voit, c’est qu’il y a un bébé dans son salon et qu’il attend le facteur avec impatience.

Cette première scène est d’ailleurs assez comique, parce que Dante a peur du bébé. La petite fille est dans sa poussette, sage, mais il ne veut surtout pas l’approcher. Alors, quand Mélanie lui met de force dans les bras pour récupérer des couches dans la poussette, il se retrouve un peu idiot, à la mettre le plus loin possible de lui tout en l’ayant dans les bras. Et il réagit assez mal à l’idée que son amie va changer la petite dans le salon. Il préférerait qu’elle fasse ça ailleurs.

La suite de cette scène semble alors assez logique, couler de source : Mélanie apprend à Dante qu’Emma est leur fille, à tous les deux. Evidemment, le jeune homme est persuadé qu’elle fait erreur. Nous avons là un court passage racontant comment la conception d’Emma s’est passée, à une fête alcoolisé où nos deux ex-tourtereaux ont profité d’une chambre pour se découvrir et vivre leur première fois à tous les deux. Et comme beaucoup de première fois, l’affaire à été conclue très très vite, ce qui fait dire à Dante que ces quelques minutes d’intimité entre eux n’ont pas été assez longue pour donner naissance à un bébé. Il accuse même Mélanie d’être une fille facile, l’argument que nous retrouvons trop facilement dans ce genre de situation dans la réalité.

Ce que j’ai trouvé assez dure, et pourtant je sais bien que ce livre est calqué sur la réalité, c’est quand Mélanie annonce à Dante que ses parents l’ont mise à la porte car elle a refusé d’avorter. Elle s’est donc retrouvée à la rue à 17 ans. C’est une réaction terrible de la part de parents qui, parce que leur enfant a fait une bêtise, refusent de l’aider. C’est un livre et il faudrait pouvoir relativiser, mais hélas beaucoup de jeunes filles se retrouvent encore maintenant, que ce soit en Angleterre, en France ou ailleurs, dans cette situation. Dans un certain sens, Mélanie a alors de la chance parce qu’elle est recueillie par sa tante, mais seulement parce qu’elle avait accepté de céder sa fille à l’adoption au moment de sa naissance, promesse sur laquelle elle est bien sûre revenue. Bref, Mélanie se retrouve chez Dante parce qu’elle est à nouveau à la porte avec sa fille.

Mélanie, après avoir écouté Dante, dit soudain qu’elle doit absolument aller chercher quelque chose pour Emma, que ça ne peut pas attendre. La suite, vous l’avez sans doute comprise parce qu’elle est assez évidente, Mélanie ne va pas revenir. Dans la poussette se trouvent toutes les affaires d’Emma, son carnet de santé et des habits. Dante va attendre un long moment avant de comprendre cette fatalité qui lui tombe dessus. Ce n’est que lorsque Mélanie va lui téléphoner depuis la gare qu’il va comprendre ce qui lui arrive. Cette dernière lui explique alors qu’elle ne peut plus s’occuper de sa fille, qu’elle l’aime mais qu’elle est dépassée, qu’elle veut vivre sa vie sans Emma, qu’elle a peur de lui faire du mal. En effet, Mélanie s’est retrouvée confrontée à cette situation où tout peut basculer, où le point de non retour peut être franchie : elle a failli frapper sa fille dans le but de la faire taire.

L’abandon d’Emma par Mélanie pourrait être sujet à controverse : comment une mère peut abandonner son enfant? Dante se pose la question, il va jusqu’à invoquer l’instinct maternel que toutes les femmes devraient posséder selon lui. Il est persuadé que le mieux pour Emma est d’être avec sa mère et que cette dernière est égoïste d’oser vouloir vivre sa vie alors qu’elle a mis au monde cet enfant. Pourtant, ce qui va évoluer dans ce livre, outre Dante, c’est la relation qu’il va avoir avec cet abandon. Certes, Mélanie s’est montrée d’une certaine manière égoïste en ne voulant pas garder sa fille, en voulant retrouver sa liberté, mais c’est aussi un geste d’amour qu’elle fait. Elle donne à sa fille un avenir qu’elle ne se sentait pas capable de lui donner, et aussi une famille qu’elle-même n’a plus. Il y a donc, au début de cette histoire, tout un rapport à l’abandon d’enfants par leurs mères et ce qui pourrait être le mieux pour eux.

Le reste du récit se construit alors sur cet abandon de la part de Mélanie et la manière dont Dante va devoir, non seulement annoncer ce fait à sa famille, mais aussi apprendre à vivre avec Emma. D’ailleurs, ceci va donner lieu à des scènes et des réactions vraiment cocasses :

-Tu arrive à prononcer le mot « contraception » ou il y a trop de syllabes pour toi ?

Pan, prends ça dans les dents !

-Bonjour tante Jackie, ai-je prononcé faiblement.

Emma criait tellement qu’elle ne m’a sans doute pas entendu.Ce n’était pas plus mal, le ton de ma voix ne lui aurais sans doute pas convenu.

-Je te pensais franchement plus malin que ça ! a lâché ma tante.

Bing dans le nez !

-Mais comme quatre-vingt-dix-neuf pour cent des hommes, il ne te reste plus assez de sang dans le cerveau quand ta zigounette est en action !

Mon sang s’est transformé en lave en fusion et je suis devenu rouge de gêne des pieds à la tête.

Ce que j’ai bien aimé, c’est la manière, certes un peu rude, dont les membres de la famille de Dante vont réagir, mais surtout le fait qu’ils vont tout de suite adopter Emma sans poser plus de questions. Par exemple, lorsque le père de Dante rentre à la maison et qu’il voit Emma qui hurle tout ce qu’elle peut dans son salon, après le départ de Mélanie, alors que Dante est allé se réfugier dans sa chambre, sur son lit, il cherche juste à savoir d’où elle vient et ce qu’elle fait ici. Mais une fois que Dante a raconté son histoire, le fait qu’il est père, que Mélanie est partie, et que la dispute avec son père est passé, celui-ci file au magasin pour acheter tout ce qu’il faut pour Emma, dont un lit et des jouets. Une fois les explications données, Emma est considérée comme un membre de la famille par le père et par Adam, le frère de Dante, alors que Dante ne pense qu’à faire un test de paternité. Il veut que Mélanie revienne récupérer sa fille, alors que son père et son frère sont heureux d’avoir Emma.

Venons-en maintenant à parler de ce fameux test de paternité. On pourrait croire que ce n’est qu’un tout petit moment de l’histoire, ce qui est certes vrai, mais il est étendu sur une bonne moitié du récit. En vérité, ce test permet de concrétiser tous les doutes de Dante envers sa paternité. Bien que tout le monde ne cesse de lui répéter qu’Emma lui ressemble comme deux gouttes d’eau, il ne veut pas les croire. A ce moment-là, c’est d’ailleurs à peine s’il regarde Emma. Mais plus le moment du test approche, et plus Dante a des doutes envers ce fameux test. Je m’explique : pour ce test de paternité, Dante a dû le commander sur internet. C’est un kit qui va lui être livré. En attendant la livraison, nous avons donc les doutes de Dante sur Emma qui sont exprimés, mais une fois le test livré, Dante ne sait plus s’il doit le faire ou non. Il s’est déjà attaché à Emma. Il l’a déjà protégée des dangers de la maison. Donc, il fini quand même par faire ce test, et entre le moment où il envoie les échantillons de salive et le moment de la réponse, plus de deux semaines s’écoulent. Le moment de l’envoi du test est lui-même un moment de doute parce que Dante refuse de regarder Emma à ce moment-là, de peur qu’elle le rejette à cause de ce qu’il fait. Il fait donc le test mais il a déjà peur de perdre sa fille. Et puis, alors qu’il l’avait oublié, le résultat tombe. Dante, qui avait réussi à faire tout ça comme un grand, se retrouve dépossédé de sa réponse par son père puisque c’est lui qui va ouvrir la fameuse enveloppe fatidique, ce qui donne lieu à une nouvelle dispute père/fils. Son père ne comprend pas comment Dante peut oser mettre en doute le fait qu’Emma soit sa fille.

En parlant de peur de perdre sa fille, Dante aura quelques sueurs froides dans ce roman. Au début, il est évident qu’il cherche à s’en débarrasser à tout prix, il cherche même des familles d’accueil pour Emma. Mais il finit par s’attacher à l’enfant, son enfant. Sa petite amie Colette, qui ne comprend pas cet amour naissant entre son petit ami et sa fille, a une soeur assistante sociale. Et devinez qui vient un jour voir Dante? La soeur assistante sociale, qui vient vérifier que Dante s’occupe bien de sa fille et que cette dernière a un espace à elle, qu’elle est nourrie, etc. et équilibrée. Parce qu’elle peut lui retirer la garde de la petite. Aucuns papiers n’ont encore été établis sur la paternité de Dante, et même l’acte de naissance ne mentionne pas son nom. Aux yeux de la loi, Dante est un enfant qui garde l’enfant de Mélanie. C’était avant l’annonce du test. En tout cas, ce passage aura été un vrai choc pour Dante, qui refuse que quiconque touche à sa fille.

-Ce n’est pas juste que tu doives abandonner tes rêves à cause de quelque chose que tu n’as ni désiré ni planifié, a repris Colette, une pointe de colère dans la voix.

Ce n’était pas si simple. Ce « quelque chose » était « quelqu’un ». Un quelqu’un que j’étais en train de pousser sur une balançoire. Un quelqu’un qui m’a tenu éveillé une grande partie de la nuit. Mais aussi quelqu’un à qui il suffisait de rire pour me faire sourire. Une vraie personne. Et ça faisait toute la différence.

Il y a ensuite de vrais passages émouvants entre Dante et sa fille. J’ai trouvé très bien écrit la manière dont il finissait par intégrer le fait qu’il était lié à cet enfant, la manière dont ses sentiments finissent par éclore. C’est très bien raconté et on sourit assez facilement aux échanges entre ces deux là.

– Va voir Papa, l’a encouragé ma tante. Va, ma chérie, marche vers Papa.

Emma a tout de suite tourné la tête vers moi. Elle savait déjà qui j’étais. Mon coeur a tressauté dans ma poitrine. Le lien familial n’était-il pas uniquement biologique ? Existait-il une sorte d’instinct ? J’ai repoussé l’idée. Qu’est-ce qui m’arrivait ? Des images étranges surgissaient : des images d’Emma à cinq ans, à quinze ans, à trente-cinq ans ; des images où je jouais au ballon avec elle, où je partais en vacances avec elle, où je l’emmenais à l’école, où je discutais d’arts, de politique, de musique et de la vie avec elle, où je lui apprenais des choses…
Des images où elle restait avec moi.
Emma a lâché le fauteuil.
Je me suis accroupi et j’ai ouvert les bras.

– Viens, Emma. Marche. Viens vers… moi, ai-je souri.

Elle a fait un pas, puis deux, puis trois avant de s’écrouler dans mes bras.
Mais elle avait marché.
Vers moi.

Bien que le roman s’attarde sur la relation entre Dante et Emma, il y a aussi un autre personnage important dans cette histoire, c’est Adam, le frère de Dante. En effet, les chapitres sont construits en fonction des pensées de l’un ou l’autre des deux frères. L’histoire d’Adam est alors moins cocasse que celle de Dante et bien plus tragique. On apprend alors qu’Adam est gay et que son frère et son père sont persuadés que ce n’est qu’une passade, qu’un moment dans sa sexualité, que c’est parce qu’il découvre son corps d’adolescent. En fait, ils nient l’homosexualité d’Adam, ils font comme si un beau jour, il va leur ramener une fille avec qui il aura sa première fois. Mais Adam n’est pas comme ça, et il ne le cache pas. Il est fier de son homosexualité.

Seulement, il est bien le seul. Il a le malheur de tomber amoureux d’un autre homosexuel, qui lui fait tout pour nier cet état de fait, qui impose à Adam de ne se voir que tous les deux, la nuit, pour que personne ne soit au courant. Et lorsqu’Adam finit par rompre, lassé de cette histoire sans avenir, l’autre le lui fait payé. Nous avons alors un moment tragique pour l’anniversaire de Dante. Les deux frères sont de sortie, la première pour Dante sans Emma, et se termine par un lynchage sur un trottoir. Adam est frappé à mort et fini à l’hôpital, défiguré.

A partir de ce moment-là, l’intrigue se retrouve tournée vers Adam. C’est comme si le roman était coupé en deux, avec en premier l’histoire d’Emma, et de l’autre l’histoire d’Adam, avec Dante au milieu qui joue l’adulte qui manque, la mère. L’état d’Adam est alors un prétexte pour évoquer le suicide des homosexuels et des adolescents. Adam y perd sa joie de vivre et ne voit plus l’intérêt de vivre dans un monde où on peut se faire passer à tabac à cause de sa sexualité. Heureusement, Emma est là.

Pour terminer cette chronique, j’aimerai faire une remarque sur l’absence de personnage féminin dans cette histoire. Les seuls personnages de ce sexe présents sont Emma et la tante Jacky qui arrive après l’agression d’Adam. Tous les autres évoqués sont absents du récit, ou ne font qu’un passage éclair. La mère de Dante et d’Adam est décédée et son absence est flagrante dans leur maison, avec le père qui est dépassé, ne sachant pas comment faire pour veiller sur ses enfants, leur imposant alors une certaine discipline faite de proverbe, comme « les garçons ne doivent pas pleurer parce qu’ils sont forts », qui finalement se retourne contre eux. Ni Adam ni Dante ne savent exprimer leurs sentiments. Il y a celle de Mélanie, personnage que nous ne reverrons pas, qui terrifie Dante parce qu’il a peur de mal s’occuper d’Emma, puis que Mélanie fasse son retour pour récupérer Emma.

Finalement, ce livre montre que les pères sont aussi forts que les mères, qu’ils sont aptes à s’occuper de leurs enfants, même si ce sont des pères adolescents. Et aussi qu, parfois, un enfant peut ressouder une famille. Evidemment, ce n’est pas son rôle, mais les enfants transforment les gens, et c’est ce qui peut permettre de cesser de se regarder le nombril pour enfin voir ceux qui nous entourent. Ceci permet alors d’évoquer les autres thèmes comme l’homosexualité ou le regard des autres, si terrifiant pour Dante et si dangereux pour Adam. En vérité, si ce roman est si vivant, c’est parce qu’il représente tout à fait notre société, avec un Dante au début qui ne rêve que de réussite, une Mélanie qui se retrouve enceinte avant sa majorité, rejetée par sa famille, qui finit par abandonnée son enfant, le père de Dante dépassé par ses adolescents, une Colette qui croit savoir ce qui est le mieux pour tout le monde, et un Adam gay et fier de l’être, avec un petit ami qui lui n’assume pas. Ce roman est un reflet de notre époque, avec tous ces personnages représentant tous une catégorie de la population. Et Emma est entre tout ce petit monde, évoluant sans se préoccupé de ce que font ou sont les adultes. Nous devrions tous voir le monde avec les yeux des enfants.

A cet instant précis, j’étais heureux. Et a cet instant précis, je crois que tout le monde dans la cuisine était heureux. Avant l’arrivée d’Emma, nous ne faisions que partager la même maison. A présent, nous vivions ensemble. On n’avait répondu a aucune questions essentielles, on n’avait pas eu non plus de révélations, rien n’avait été résolu. Mais nous étions une famille.

Et pour le moment, rien n’était plus important.

Et vous, comment vous feriez avec un bébé si vous étiez adolescent? Seriez-vous prêt à abandonner vos projets de vie? A abandonner votre enfant? Pourriez-vous compter sur votre famille?

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5 réflexions au sujet de « Boys don’t cry »

  1. Je viens de découvrir ton blog , via celui de ta Maman et tu m’ as donné envie de lire ce livre et de poursuivre mon chemin a la découverte de tes écrits ! Merci pour ce bon moment jeux avec les mots ! A très bientôt .
    Sabrina alias Pouss ´ y air de Fée … Des poupées , en ce moment ! 😉

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  2. Magnifique chronique sur Boys don’t cry, que je suis préssée de lire le plus tôt possible avec cet avis plus que convainquant… Je suis passée ici grâce à Mademoiselle Cordélia qui a conseillé ton blog, et je suis vraiment loin d’être déçue!! Je pense que je vais installer ma tente, et camper pour suivre tous tes articles! Gros bisous d’une dingue de lecture, et de tes chroniques!

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