chroniques littéraires

Mathilde

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En cette dure et compliquée semaine de rentrée, je prends un peu de temps dans cette chronique pour vous donner de rapides nouvelles sur la poursuite de ce blog. Suite à de nombreuses déconvenues au niveau études et professionnelles, je vais finalement avoir assez de temps pour rester dans la même configuration que cet été, c’est à dire avec une chronique par semaine, voir même un peu plus, parce que je déborde d’idée d’articles. Je vais seulement décalé la parution de mes chroniques au jeudi, au moins pour un temps d’essai. Exceptionnellement, cet article parait aujourd’hui suite à un problème avec le blog. Vous pourrez me dire ce que vous pensez de cette nouvelle organisation en commentaire.

Pour cette chronique de rentrée, j’ai eu envie de vous parler d’une bande-dessinée que j’ai beaucoup aimée et qui a su me toucher. Elle date une peu maintenant, mais j’avais vraiment envie de vous la présenter, parce qu’en cette rentrée, me replonger dans cette BD a su me redonner du courage.

Cette BD s’appelle Mathilde, elle a été dessinée par Jenny, une auteure qui fait plutôt du manga habituellement, et éditée par Delcourt. Cette bande-dessinée se découpe en 5 tomes, le premier s’intitulant Le temps des Soupirs, le deuxième Le temps des Songes, puis vient Le temps des Fleurs, et les derniers tomes se nomment Le temps des Martyrs et Le temps des Regrets. 

Alors, pourquoi j’ai eu envie de vous présenter cette BD? Je l’ai d’abord choisie pour la beauté de sa couverture. Je trouve que ces couvertures sont très soignées, malgré quelques petits défauts parfois dans les visages. Et surtout, la quatrième de couverture, celle avec le résumé, est aussi soignée que la première. J’aime beaucoup le visuel de fin, avec ce dessin différent, qui rappelle la couverture principale. Je trouve que c’est une bonne mise en scène.

Un matin d’été à la terrasse d’un café…

A l’aube de mes 25 ans, qu’ai-je accompli dans ma vie?

Qu’en est-il de mes rêves d’enfant, de mes espoirs d’adolescente?

Je crains qu’à l’heure du bilan, le temps ne soit plus à la fête.

C’est le temps des soupirs…

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Cette bande-dessinée raconte l’histoire de Mathilde, une jeune femme de 25 ans obligée d’être caissière dans un supermarché pour payer ses factures, alors que son rêve est d’être écrivain. Pourtant titulaire d’une licence en lettre, elle n’a plus le temps d’écrire à cause de l’épuisement provoqué par son travail alimentaire.

90679_plaEt un jour, à l’aube de ses 25 ans, sa vie bascule. Alors qu’elle regarde sur un trottoir passé une ancienne copine de fac, Mathilde laisse tomber son manuscrit sur le pavé, ce que ne peut s’empêcher de remarquer un homme se trouvant près d’elle. Cet homme, ce n’est pas n’importe qui, il s’agit de Paul Duval, un auteur de roman à l’eau de rose très connu.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais le chemin de Paul recroise à nouveau la route de Mathilde, dans ce supermarché qu’elle déteste. Tout d’un coup, son destin se met en route. Parce que Paul, qui a du s’attacher à la jeune femme, peut-être sous l’effet d’un coup de foudre, propose à cette dernière de lire ce fameux manuscrit échoué sur le parvis. Surprise par cette proposition tombée du ciel, Mathilde, qui encaissait les achats de Paul, fait une mauvaise manipulation qui va se retrouver être lourde de conséquences : Mathilde se fait virer. Sans emploi, désespérée, Mathilde finit chez Paul, et se fait embaucher par ce dernier pour accomplir divers tâches que notre écrivain n’a pas le temps de faire.

Le tome 1 se termine sur cet engagement prit par Paul à l’égard de Mathilde. On pourrait croire que cette Bande-dessinée ne s’arrête qu’à cette histoire commençant entre Mathilde et Paul, mais je trouve que le scénario va un peu plus loin. En arrière-fond, Nous avons tout une histoire entre Mathilde et son copain, qui au passage l’a trompée avec l’une de ses collègues, et aussi une petite réflexion sur ce qu’est le travail d’écrivain. Non seulement il y a une partie de la BD qui s’attache au courrier des lecteurs que reçoit Paul et auquel il ne répond pas du tout, qui au passage est une scène assez drôle, Mathilde ouvre une enveloppe remplie de photographies plutôt coquines; et une partie qui explique le processus long et rigoureux que doit être l’écriture.

Comme je le disais au début de l’article, cette BD comporte 5 tomes, donc nous suivons Mathilde et Paul dans leur histoire, ainsi que Mathilde dans son périple pour terminer son roman et se faire éditer. Evidemment, il s’agit d’une histoire qui se termine bien, malgré plusieurs péripéties, notamment l’entrée de la famille de Paul dans l’intrigue, avec son fils, son ex-femme et son père, un personnage parfaitement antipathique. D’ailleurs, heureusement qu’il y a ces intermèdes dans cette histoire d’amour, sinon ça ferait un peu trop fleur bleue, comme si tout le monde est beau, magnifique, sans aucun nuage. Certes, il s’agit de ce qu’on peut ressentit au début d’une histoire, mais ce sentiment ne doit pas mener toute l’intrigue, sinon l’histoire n’a plus de raison d’être. Il fallait ces retournements de situation pour justifier le fait que l’histoire se poursuive. Pendant un temps, avant la sortie du tome 4, je pensais réellement que l’histoire était finie avec le tome 3. Sans trop révéler le scénario, je trouvais que l’histoire se finissait logiquement, et que, même si Mathilde n’avait pas accompli son rêve, l’histoire était achevée. C’était comme si la boucle était bouclée avec le fait qu’elle quittait son copain coureur de jupons pour voler de ses propres ailes. Je trouvais que les dernières pages de la BD faisaient très conclusions. J’ai donc été très surprise lorsque je suis tombée sur le tome 4.

En fait, je pense que cette série est découpée en deux actes, avec d’un côté le tome 1,2,3, et d’un autre côté le tome 4 et 5. La première partie est surtout concentrée sur l’amour naissant entre Paul et Mathilde, avec en ligne de fond l’histoire avec son copain et ses tentatives pour écrire; et la deuxième plus sur les événements se mettant entre leur couple et le processus de destruction que peut parfois engendrer l’écriture, avec la peur de la page blanche.

Alors, pourquoi j’ai eu envie de vous présenter cette BD qui possède un scénario de romance à l’eau de rose? Parce que je me suis longtemps identifiée à Mathilde. Non pas dans son histoire d’amour avec Paul, parce que je trouve qu’il fait assez prince charmant sur son cheval blanc venu sauver la damoiselle en détresse, mais parce qu’elle est écrasée entre son rêve et le fait qu’il faut bien payé les factures. Elle représente, à mon ses, toutes ces personnes qui veulent vivre de leurs plumes mais qui ne peuvent même pas trouver le temps d’écrire à cause de leur emploi et de la fatigue provoqué par ce dernier. Certes, on pourrait penser qu’elle devrait profiter de ses weekends, ses heures de pauses, pour parvenir à trouver un peu de temps, mais je pense que beaucoup de personnes ayant déjà un emploi à plein temps vous diront à quel point c’est difficile, alors si en plus il faut aussi gérer les problèmes de son couple, comme le fait Mathilde, cela devient carrément impossible. Cela montre bien que le métier d’auteur est un métier à plein temps, solitaire, qui prend tout l’énergie. C’est un travail de longue haleine, où il faut absolument définir des priorités. Je ne dis évidemment pas qu’il faut s’enfermer dans une grotte et ne plus avoir de liaison le temps d’écrire un manuscrit, juste qu’il faut savoir sortir quand il faut et écrire quand il le faut aussi. Dans le premier tome, il y a une scène où Mathilde profite de l’un de ses jours de congés pour avancer sur son roman. Hélas, sa meilleure amie l’appelle pour sortir en boîte fêter son anniversaire. Mathilde a beau lutter, c’est quand même ses 25 ans. Alors, elle doit aussi en profiter, mais se remettre à travailler plus tard, soit le lendemain, et s’y tenir. C’est d’ailleurs l’un des conseils que va lui donner Paul lorsqu’il va prendre en charge son coaching littéraire.

Ce que j’ai aimé dans cette BD, surtout dans le tome 1, c’est toute cette interrogation sur la vie et nos choix de vie. En effet, Mathilde se rêve écrivain depuis qu’elle est enfant, mais la vie a fait qu’elle n’a pas encore pu accomplir son rêve. Il y a donc une interrogation sur ce passage entre l’âge enfant/adolescent à celui d’adulte. Mathilde se demande pourquoi elle a enterré ses rêves d’enfants aussi vite. C’est d’ailleurs ce qui est assez effrayant dans cette BD, cette remise en question sur ce que nous rêvions pour notre futur et ce que nous avons réellement. Je suis encore assez jeune pour rêver ma vie, et cette pensée que tout ne sera finalement pas comme c’étai prévu a tendance à me rendre assez pessimiste sur le futur en général. Et Mathilde est justement dans cet état d’esprit. Elle se voyait épouser son copain, vivre de l’écriture, et rien de tout cela ne s’est produit, et même pire, elle a été trahie par son amoureux. Il y a de quoi déprimée. C’est ce qui contribue alors à donner à Paul l’image du prince charmant venant sauver sa princesse de sa vie minable. Je reviens là-dessus parce que la vie de Mathilde va vraiment changer avec l’arrivée de Paul, arrivée qui est un erreur hasard, mais qui finalement sonne un peu faux. Avec cette entrée dans sa vie, Mathilde va carrément oublier qu’elle a un petit ami, et je trouve cela pas vraiment cohérent qu’on puisse oublier la personne avec qui on pensait fonder une famille.

Dans les défauts, il y a aussi le fait que tout s’enchaîne très vite. Je sais que nous sommes dans un format BD, qui implique donc une certaine limite de page, un format assez court, mais l’histoire d’amour entre Mathilde et Paul ne se pose véritablement que sur 2 tomes, voir même un seul, le tome 3. Certes, plusieurs mois passent, l’automne prend la place de l’été, mais je trouve quand même qu’elle tombe assez vite dans les bras de Paul, et qu’elle a très vite envie de faire sa vie avec lui.

En ce qui concerne le tome 4 et 5, ils closent l’histoire de Mathilde en lui permettant de réaliser une partie de son rêve, terminer son premier roman. On la voit ainsi poster son manuscrit aux différentes maisons d’édition et vivre dans l’attente d’une réponse. Il y a aussi tout un moment avec Paul et sa peur de la page blanche. Mais ces deux tomes se concentrent surtout sur les difficultés du couple face à la pression familiale. Paul est plus vieux que Mathilde, ce qui amène des questions de différences d’âge dans le récit. Je trouve que cela rajoute encore plus de dimension « roman à l’eau de rose » déjà bien présente, et présente le personnage de Mathilde sous un nouveau jour : celui d’une fille superficielle. Elle ne s’est jamais demandé ce qu’avait vécu Paul avant de se mette avec elle. Elle savait qu’i avait un fils et une ex-femme, mais ce n’est pas aller plus loin. Elle n’a pas chercher à savoir qui était sa famille, jusqu’à ce qu’ils emménagent dans la maison familiale. J’ai donc trouver cet aspect assez décevant et pas crédible.

Pour finir, je dirai que cette bande-dessinée est à lire, qu’elle a un grand potentiel concernant les difficultés pour devenir écrivain, concernant la confrontation entre le rêve et la réalité, qu’elle soit sur le métier du livre ou sur le passage de l’enfance à l’adulte, mais que ce potentiel est limité par l’aspect « eau de rose » du récit. Cette histoire aurait pu être plus crédible sans l’histoire d’amour entre Paul et Mathilde, ou du moins sans les difficultés d’âge contre lesquelles ils vont faire face. Je trouve que cela ne rajoute rien au récit. Ce qui est étrange, c’est que tous ces petits points devenus défauts ne m’avaient pas dérangés lors de ma première lecture en 2009, mais qu’à présent je trouve cela assez dérangeants, inutiles. Je dirais que l’histoire y perd en qualité, et pourtant j’aime bien lire de temps en temps ce type de récit. En vérité, Mathilde semble se rapprocher narrativement de Twilight, donc de roman pour adolescent. Mathilde semble donc convenir aux personnes aimant ce style de lecture, soit plus aux adolescentes ou aux jeunes adultes, surtout à cause des interrogations sur la vie et la manière dont on souhaite la mener.

C’est une BD que je conseille tout de  même, malgré ses défauts, parce qu’elle a le mérite de ne pas présenter le travail d’écrivain comme un rêve éveillé, ce qui je trouve est plutôt rare.

Voici, pour clore cette chronique, les très belles couvertures des autres tomes.

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Et vous, connaissez-vous cette série? Aimez-vous ce type de récit? Le style de dessin de l’auteur vous convainc-il?

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